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I got the blues...

Publié le par BaByCoKe

J'aime pas l'hôpital.

Pas que celui ci, tous les hôpitaux. Ils sentent le sapin, le chagrin, les excréments... Le tout camouflé par une bonne dose de javel et l'odeur des plateaux repas qu'on promène en chariots.

 

Faut dire que c'est moche la maladie, presque aussi moche qu'un malade.

Les malades, ils sont laids, et en plus pas marrants. Ils puent la tristesse et déambulent en nous la jetant à la figure: des à roulettes, des chauves (beaucoup de chauves!), des qu'on a posés là pour qu'ils regardent les autres recevoir des visites, des qui bavent, des qui crient, des qui ont le regard vide...

 

Y'a aussi les visiteurs.

Ceux qui viennent comme on va au zoo, ou à la foire, vite fait, entre midi et deux, histoire de se donner bonne conscience. Pour faire comme si, ou comme ça: des qui regardent discrètement (ou pas), des qui osent pas regarder, des qui ont les yeux humides, des qui regardent leurs montres...

 

Et puis, y'a des blouses.

Pleins de blouses. De toutes les couleurs. Ce sont d'ailleurs presque les seules couleurs que l'on croise là dedans: des qui travaillent en automates, des qui sourient forcés, des qui blaguent incognito avec d'autres blouses, des qui se planquent dans la salle des blouses, des qui prennent un air faussement chagriné ou trompeusement sympa...

 

C'est tout ça l'hôpital. Le summum du "faux-culisme", de la compassion forcée, et de la pitié gratuite.

 

Moi aussi, j'ai apporté mon blues.

Pas un tout blanc immaculé. Un tout noir qui me refile la boule au ventre et l'envie de gerber. Un de qui porte un nom qui n'est pas le mien inscrit sur la p'tite poche de devant, juste à côté des stylos. Un qui me tient la main, qui m'accompagne là, dans cette salle d'attente impersonnelle et froide. Un qui me tient compagnie, qui me permet de penser à autre chose qu'au pourquoi je suis ici.

Au final, il est bien réconfortant mon blues. Je ne suis plus seule ici, assise entre un chauve, un presque chauve, et la table remplie de "Voici" et autres "People". Même s'il n'est pas "gay", il est "friendly" mon blues. Il ne me laisse pas seule lui. Il ne m'abandonne pas. Je peux compter sur lui pour rester avec moi, fidèle au poste. Il ne me demande rien, il est juste posé là, en moi, dans ma poitrine, solide, présent.

Il n'est pas seul non plus mon blues. Il t'a amené avec lui jusqu'à moi, lovée aussi dans ma poitrine.

Personne ne se doute que je suis trois aujourd'hui, assise là, les mains moites enfoncées dans les poches de mon jeans, les doigts croisés à l'intérieur, à regarder mes Converses, à attendre les résultats, à espérer que, pour la première fois de ma vie, je ne sois pas reçue à mes examens.

 

Alors, incontestablement et irrémédiablement non.

J'aime pas l'hôpital...

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U
<br /> <br /> Han ! La chance ! Ben moi il est dans la tête, na !<br /> <br /> <br /> <br />
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U
<br /> <br /> Hé bien, moi, j'aime aussi bien ton blues parce qu'il donne de chouette post qui tord le bidon comme j'aime, voilà !<br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Oui, mais moi j'ai un poisson rouge! <br /> <br /> <br /> <br />